Conscience aiguë et attentive aux problèmes de son temps, Simone Weil remet en discussion le sens de la vie, le rôle de l’individu dans l’univers, l’espoir, son désespoir. Son expérience devient une fidélité à la détresse existentielle et, en même temps, une capacité de cohabiter avec elle, avec l’intention d’atteindre une nudité essentielle. L’absence devient le signe de la présence du vide. L’anéantissement de soi devient une condition de vie. Son angoisse se réfère explicitement à la pensée, qui lui donne envie de se perdre, de s’annuler. Un désir d’autant plus intense qu’est grande la solitude, dans laquelle, inévitablement, elle sombre, fuyant le néant d’une parole insensée (bavardage futile) et d’une narration trop facile (narration aisée). Dans sa conception de l’écriture comme détachement, son obsession de l’indicible se traduit par un discours qui, doutant du signe, tente de passer au-delà des limites de l’expression. Comprendre, accepter, aimer est possible si on renonce à être un « individu » dans ce monde; seulement si on réalise un double processus qui est d’abord la désincarnation, la réduction au point zéro et ensuite la réincarnation, qui est consentement, acceptation du néant. Dans l’urgence de se perdre Simone Weil entre dans une extase mystique, où toutes les contraintes et les contradictions de l’être s’abolissent et révèlent le néant, où s’épuise le langage et s’instaure le silence.

Le silence dans les mots, le vide dans l'écriture: Simone Weil, une voix qui s'efface

MAIELLO, Gisella
2014

Abstract

Conscience aiguë et attentive aux problèmes de son temps, Simone Weil remet en discussion le sens de la vie, le rôle de l’individu dans l’univers, l’espoir, son désespoir. Son expérience devient une fidélité à la détresse existentielle et, en même temps, une capacité de cohabiter avec elle, avec l’intention d’atteindre une nudité essentielle. L’absence devient le signe de la présence du vide. L’anéantissement de soi devient une condition de vie. Son angoisse se réfère explicitement à la pensée, qui lui donne envie de se perdre, de s’annuler. Un désir d’autant plus intense qu’est grande la solitude, dans laquelle, inévitablement, elle sombre, fuyant le néant d’une parole insensée (bavardage futile) et d’une narration trop facile (narration aisée). Dans sa conception de l’écriture comme détachement, son obsession de l’indicible se traduit par un discours qui, doutant du signe, tente de passer au-delà des limites de l’expression. Comprendre, accepter, aimer est possible si on renonce à être un « individu » dans ce monde; seulement si on réalise un double processus qui est d’abord la désincarnation, la réduction au point zéro et ensuite la réincarnation, qui est consentement, acceptation du néant. Dans l’urgence de se perdre Simone Weil entre dans une extase mystique, où toutes les contraintes et les contradictions de l’être s’abolissent et révèlent le néant, où s’épuise le langage et s’instaure le silence.
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